lundi 18 janvier 2010

Hypocrisie des grandes puissances



HAÏTI : LES RACINES DU MAL


Une bombe nucléaire frappant Haïti n’aurait certainement pas fait autant de dégâts que le tremblement de terre qui vient de dévaster ce petit pays de la Caraïbe. La pauvreté endémique d’Haïti, son instabilité politique, son manque de développement et d’infrastructures sont autant de circonstances aggravantes qui aujourd’hui alourdissent implacablement le bilan des victimes et empêchent le bon acheminement des secours. On sait par ailleurs aujourd’hui que ce tremblement de terre avait été annoncé (http://www.lepost.fr/article/2010/01/13/1885039_haiti-la-catastrophe-etait-annoncee.html) mais que les autorités n’avaient pas bougé le petit doigt, pas plus qu’elles ne le font pour prévenir les risques liés aux cyclones, inondations et autres fléaux qui en Haïti font toujours bien plus de morts qu’ailleurs.


Les grandes puissances comme la France et les Etats-Unis se précipitent aujourd’hui au chevet de la nation agonisante et chacun de louer leur générosité. Peu de voix s’élèvent pour dénoncer l’hypocrisie incroyable dont ces gouvernements font preuve (lire sur facebook l’excellent billet de Lua, née en Haïti de père haïtien http://leblogdelua.wordpress.com/2010/01/15/tremblement-de-terre-en-haiti-episode-2-et-loscar-de-lhypocrisie-revient-a/). Pour bien comprendre comment Haïti en est arrivé là, j’ai choisi de republier en partie un article de Chien Créole datant de janvier 2009. C’est la synthèse de deux conférences données en Guadeloupe par Didier Dominique, dirigeant du syndicat Batay Ouvriyé. Il y explique les logiques historiques qui ont conduit Haïti dans la misère incommensurable qui est la sienne et établit les responsabilités des uns et des autres.


FG (chien.creole@gmail.com)



L’industrie de l’aiguille


En Haïti, c’est le Capital qui dynamite les droits des travailleurs avec l’agression impérialiste en toile de fond. Il n'y a pas si longtemps, Jacques Edouard Alexis, premier ministre du président Préval, a signé avec les Etats-Unis le HOPE Act (Hemispheric Opportunity trought Patnership Encouragement Act), accord de libre-échange bilatéral. Cette signature a conduit à la création de zones franches. L’Etat haïtien n’a pas le droit d'y pénétrer. Le secteur concerné est celui du textile qui ne demande pas de qualifications particulières et plus spécifiquement « l’industrie de l’aiguille » avec la confection de vêtements, mais aussi de tennis, d’articles de sport comme les balles ou les ballons, etc. Les marques telles que Gap et Nike désertent peu à peu les maquiladoras mexicaines pour venir s’installer en Haïti, dans les zones franches de Ouanaminthe, de Jacmel, du Cap Haïtien ou de Port-au-Prince.



Comme des bêtes


Dans ces conditions la lutte syndicale, pour indispensable qu’elle soit, est très difficile à mener. A titre d'exemple, dernièrement, Batay Ouvriyé a obtenu gain de cause devant les tribunaux et OME, une entreprise aux capitaux dominicains, a été condamnée à verser une amende, somme dérisoire certes au vu des dommages, mais c'était déjà une victoire. OME avait imposé à ses 600 employés, dont plus de 85% sont des femmes, un vaccin contre le tétanos. Il s'est avéré qu'il s'agissait en réalité de stériliser les femmes. Les huit qui étaient enceintes ont perdu leur bébé, elles ne pourront plus avoir d'enfants, pas plus que les autres femmes qui se sont vu infliger cette injection. La grève qui s'en est suivie pour clamer justice a été très dure et 37 employés identifiés comme faisant partie de Batay Ouvriyé ont été licenciés sans ménagement. Ouanaminthe se trouvant sur la frontière, l'armée dominicaine a pénétré en territoire haïtien pour réprimer violemment les manifestants sans susciter la moindre protestation des autorités haïtiennes.

En solidarité, les employées d'OME en République Dominicaine ont elles aussi entamé pendant une semaine une grève. Une délégation est venue soutenir leurs collègues haïtiens, et elles ont manifesté devant le ministère des affaires sociales en République Dominicaine, pour exiger l'application de la peine et la réintégration des 37 employés licenciés.

Le juge qui avait eu le courage de condamner OME s’est aussitôt vu administrer un blâme du ministre de la justice avec interdiction formelle d’appliquer la sanction pour ne pas effaroucher les investisseurs… Ca donne une petite idée de la réalité de la séparation des pouvoirs en Haïti, exécutif et législatif, mais surtout ça montre bien à quel point le pouvoir en place sert les intérêts économiques des multinationales avant de songer à représenter ses propres citoyens.



Une misère tellement sexy


Un programme piloté depuis Washington, le CBI, Caribbean Bassin Initiative, préconise comme modèle de développement pour Haïti, qu’elle devienne une source de main d’oeuvre bon marché. C’est d’ailleurs cet aspect que les élites haïtiennes mettent en avant pour attirer les investisseurs étrangers. Ainsi dans le livre blanc de la bourgeoisie, ouvrage où la-dite bourgeoisie dresse un état des lieux et fait des propositions pour la société haïtienne, elle se félicite haut et fort de l’attractivité que constituent les bas revenus en Haïti. Le salaire minimum y est aujourd’hui de 70 gourdes par jour, soit entre 1,10 et 1,25 € en fonction des fluctuations de la monnaie nationale. A titre de comparaison, en France, le salaire minimum est de 8,70 €, non pas du jour mais de l’heure ! Qui plus est, d’après Didier Dominique, ce salaire minimum, qui ne permet évidemment pas de vivre dignement, est loin d’être toujours respecté, en particulier dans le domaine agricole...



Démolition systématique


Arriver à un résultat aussi réjouissant et attrayant pour les investisseurs étrangers n’a pas été chose facile. Il a fallu démolir, l’un après l’autre, les différents secteurs d’activité haïtiens. Une importante entreprise de précarisation a été entamée par Jean-Claude Duvalier, dictateur de 1971 à 1986, à la suite de son père François, lorsqu’il a décidé de faire tuer tous les cochons créoles du pays, à l'occasion d'une épidémie de fièvre porcine. Ca peut prêter à sourire mais comme l’explique Didier Dominique « pour un haïtien modeste, son cochon, c’était sa banque, on le tuait en cas de problème, pour payer des soins médicaux urgents par exemple. » Ce cochoncide, (admirez le néologisme) a été à l’origine d’une profonde désorganisation de la société haïtienne, plongeant d’innombrables familles pauvres dans une précarité accrue. Mais la déstructuration systématique du tissu social ne s’est pas arrêtée là, loin s’en faut. Didier Dominique égrène les exemples : l’une après l’autre, les centrales sucrières ont été rachetées par des intérêts états-uniens notamment, pour être aussitôt fermées. Aujourd’hui Haïti qui était avec la canne un des grands exportateurs de sucre, n’en produit plus du tout et importe 100% de celui qu’elle consomme ! Après le coup d’état de 91, un riz très peu cher importé des Etats-Unis a littéralement inondé le marché haïtien, suite à un accord signé avec la Rice Corporation de Miami. En deux ans, les subventions déguisées de l’oncle Sam à son agriculture et la technologie moderne appliquée à l’agro-industrie ont eu raison du riz local, moins compétitif en dépit des faibles salaires. Et que dire de ces poissons qui ne se sont pas vendus aux Etats-Unis, et qui arrivent avariés sur le marché haïtien à un prix défiant toute concurrence. Ils trouvent acheteurs malgré des conditions sanitaires déplorables. Ces pratiques ont fini par venir à bout du déjà fragile secteur de la pêche.



Une incapacité congénitale à se gouverner ?


Le résultat de ce travail de sape systématique est que le pays connaît aujourd’hui 70% de chômage et que ceux qui cherchent désespérément du boulot ne peuvent pas se permettre de refuser les salaires dérisoires qu’on leur propose, pour la plus grande satisfaction des multinationales comme Nike, Levi’s et consorts. Objectif atteint ! Le terrain a été bien préparé et la misère qui frappe le peuple haïtien n’est pas le fruit de la fatalité ou d’une incapacité congénitale qu’auraient les Haïtiens à se gouverner par eux-mêmes, comme certains ont tendance à le penser.

En Haïti, la paupérisation accélérée de la paysannerie a, qui plus est, entraîné un très important exode rural. « Dans ma jeunesse, Port-au-Prince ne comptait que 900 000 habitants, nous confie Didier Dominique, aujourd’hui, il y en a deux millions cinq cent mille ! » La main d'œuvre corvéable à merci est ainsi concentrée et à disposition pour les grands groupes qui souhaiteraient investir.



Une indépendance extraordinaire


Pour bien que nous comprenions la spirale qui a entraîné Haïti dans la situation qui est la sienne aujourd’hui, Didier Dominique remonte à la guerre d’indépendance, à l’époque où on l’appelait encore Saint Domingue, la perle des Antilles et où elle était la plus riche des colonies françaises. On sait déjà qu’Haïti a été la première république noire indépendante de l’histoire. Avant celle-ci, c’était un des pays où les conditions de la traite négrière étaient les plus dures : l’espérance de vie d’un esclave travaillant dans les champs de cannes, ne dépassait pas les 5 ans. L’antagonisme qui existait entre dominants et dominés était si fort qu’il a produit un phénomène inédit sur le continent américain : l’expulsion de tous les colons blancs. L’indépendance des autres colonies, qu’elles soient anglaises, portugaises ou espagnoles, s’est faite à chaque fois avec les criollos, les descendants d’européens nés sur le sol américain et jouissant jusqu’alors de moins de droits que ceux nés de l’autre côté de l’Atlantique. C’est même souvent à l’initiative de cette caste et sous sa direction que les diverses indépendances ont été arrachées. Il n’en a rien été en Haïti.



Saignée à blanc


Mais au lendemain de l’indépendance, le pays est en ruine : villes et plantations ont été brûlées, les ponts ont été détruits, etc. Cyniquement et sous la menace de recommencer la guerre, la France napoléonienne, vaincue militairement, impose à Haïti de payer 150 millions de francs-or pour la dédommager de la perte de ce qu’elle estime être son territoire et ses esclaves. Il faudra chaque année que les Haïtiens versent 60% de leur PNB, pendant quarante ans pour s’acquitter de cette somme. Ce sont bien sûr les travailleurs qui vont devoir payer la facture, sur eux que va porter tout le poids de cette dette. Leur exploitation se poursuit à travers une sorte de caporalisme agraire, dans des conditions pas si éloignées de l’esclavage. Le travailleur a tout au plus le sentiment de travailler désormais pour la nation et non plus pour le maître ou la métropole. Entre les ravages de la guerre et le coût de cette dette, le pays sort exsangue. Pendant ce temps là, Haïti joue un rôle important dans les luttes pour la liberté des pays voisins. De grands héros de l’indépendance comme José Martí pour Cuba ou Francisco de Miranda pour le Venezuela par exemple, viennent s’y réfugier, s’y inspirer, trouver un répit et reprendre des forces avant de repartir pour leurs pays respectifs avec de l’argent et des armes.



Le défi des marrons


En interne, au lendemain de l’indépendance, deux projets s’affrontent. Les bandes marrons (du nom de ces esclaves qui se sont révoltés et échappés des plantations) prônent une production tournée vers l’autosuffisance, alors que les élites des villes préconisent, elles, un effort accru vers l’exportation, pour payer la dette. La répression à l’encontre des marrons sera implacable. Toussaint Louverture fait assassiner son propre neveu, le général Moïse qui les a rejoint ; Dessaline, lui, fait tuer Charles Belair, grande figure parmi les marrons et le président Boyer finit par mater les derniers rebelles à Grande Anse, emmenés par Gaumont, chef au projet pourtant fédératif. Ceci fait et la dette payée, alors seulement la France consent à reconnaître l’indépendance d’Haïti.



Coup de grâce des Etats-Unis


Les Etats-Unis imposent un embargo sur le petit pays dès 1824 auquel ils ne mettront fin qu’en 1864, sur la fin de la guerre de sécession ; mais leurs velléités de soumettre Haïti ne disparaissent pas pour autant. En 1915, les marines US l’envahissent. Ils vont l’occuper pendant 19 ans. C’est suffisant pour piller les richesses qui restaient dans le pays, en particulier les réserves d’or, indexer la gourde sur le dollar et casser les élites et l’armée qui deviennent dès lors des valets des intérêts yankees. La bourgeoisie à partir de là assume sans vergogne le discours raciste consistant à dire : « nous, Haïtiens, ne sommes pas capables de nous débrouiller tout seul ». En échange de cette légitimation de leur rôle interventionniste, les impérialistes étrangers leurs laissent quelques miettes de leurs profits. Cette situation n’a pas changé, hélas.



Vous avez dit : Aristide ?


L’instabilité politique est un réel problème. En 200 ans, Haïti a connu pas moins de 56 coups d’état ! Celui de 1991, contre le président Aristide a été particulièrement sanglant, faisant environ 4000 morts, dont beaucoup de syndicalistes et rappelant les sombres heures de la répression assassine contre l’Intersyndicale en 1969. Les militants les plus convaincus du parti d’Aristide, le parti Lavalas, ont disparu à cette époque et selon Didier Dominique, ce parti est aujourd’hui dirigé par des opportunistes. Quant à Aristide, ancien curé de la théologie de la libération, opposant de toujours à la dictature des Duvalier, Didier Dominique explique que les gens ont un dicton pour expliquer son changement de comportement à son retour d’exil aux Etats-Unis : « Il est parti Aristide, il est revenu Harry Stead (avec accent ’ricain, s’il vous plaît)». Autrement dit, ce dirigeant, un des rares à avoir donné un réel espoir de changement pour son peuple, est vite rentré dans le rang, à son retour des Etats-Unis.



Trahison des gauches sud-américaines


Concernant la MINUSTAH, les troupes de l’ONU qui remplacent l’armée haïtienne (dissoute dès 1994), le syndicaliste engagé n’hésite pas à parler de forces d’occupation et pourfend les leaders des gauches sud-américaines qui participent à cette entreprise en ayant déployé des troupes sur place, de Kishner (Argentine), à Morales (Bolivie) en passant par Lula (Brésil), Correa (Equateur) ou Tabaré Vazquez (Uruguay). Il dénonce notamment le fait que les militaires, les Uruguayens en particulier, n’hésitent pas à intervenir dans les conflits sociaux et à les réprimer violemment, comme ça s’est produit lors d’une importante grève. "Ils disent qu'ils viennent maintenir la paix en Haïti, nous disons la paix des cimetières." Pour toute cette gauche, de la plus radicale à la plus molle, il n’hésite pas à parler de recomposition du Capital sous un nouveau jour. Il cite cet exemple : la plus importante industrie textile en Haïti appartient au vice-président du Brésil, membre du gouvernement de Lula…


15 commentaires:

Anonymous Anonyme a dit...

Je ne me souviens pas avoir entendu les journalistes dénoncer avec tant ferveur un système qui existe depuis l'origine.
Pourquoi aujourd'hui alors que chacun essaye en fonction de ses moyens de répondre au demande de dons, sème t'on le trouble sur l'usage machiavélique qui en sera fait.
Antoine

19 janvier 2010 à 00:06  
Blogger Frédéric a dit...

@ Antoine, une réponse rapide :

- Primo, je ne suis pas journaliste mais blogueur. Je ne gagne pas un centime avec ce travail.
- Segondo, cet article est un condensé d'un article que j'avais publié le 9 janvier 2009, mais il n'avait alors pas eu un grand echo, il faut dire que mon blog démarrait à peine (chien-creole.blogspot.com (avec firefox)
- tertio, surtout pas de méprise : j'appelle de tous mes voeux les dons pour Haïti et surtout de la part de ces deux pays qui, entre autres partagent une si grande responsabilité dans la situation d'Haïti !!! La situation est trop grave, trop urgente. Mais qu'on ne les présente pas comme des bienfaiteurs d'Haïti (je parle des gouvernements, pas des peuples !)
- Enfin, j'entends certains dire, les USA vont en profiter pour faire main basse sur Haïti. Je leur répond, arrêtez vos conneries, c'était déjà le cas avant le 12 janvier !!!

En tous cas, pas d'ambiguité de ma part : l'urgence est absolue, il faut que l'aide arrive, massivement et rapidement !!!

19 janvier 2010 à 02:37  
Anonymous bencam a dit...

Bravo pour l'analyse, tellement différente des habituels clichés sur la malédiction haïtienne. Rappelons que la France, les USA, ont mis des decennies pour reconnaître Haïti. A la fin du XIXème lorsque les Allemands avaient un problème avec un de leur ressortissant ils envoyaient une cannonnière pour règler tout ça...Et ça continue. Depuis le début Haïti est en butte à une hostilité générale, c'est le mauvais exemple il faut donc systématiquement expliquer leur situation non par l'histoire mais une sorte de vice intrinsèque. Il n'y a qu'à voir comment on ressort Haïti dès qu'on évoque un changement en Guadeloupe (et ce dès 1848! allez voir les textes de l'époque dans l'ouvrage de Josette Faloppe "Esclaves et citoyens"). Haïti demande notre aide immédiate et notre soutien constant dans la lutte contre les préjugés.

19 janvier 2010 à 02:50  
Anonymous Anonyme a dit...

Tu sais ce que j'en pense ... Bourgeoisie paternalistes, capital, banques ..etc ...etc .. Tous des "En....." et le mot n'est pas trop fort loin de la !!! Il faudrait le leur faire avec du barbelés autour !!!
Ydaho

19 janvier 2010 à 03:22  
Anonymous Anonyme a dit...

Salut, juste pour t'embêter, dans la même veine que les taxes sur le riz américain, il serait intéressant de rappeler que Haïti doit encore payer une dette au FMI, qui est un poids de plus contre son développement.

19 janvier 2010 à 05:04  
Anonymous jarrycafe a dit...

je crois que ce qu'a voulu dire "anonyme" c'est que quelque part vous utilisez le malheur d'haiti pour servir votre propagande d'extreme gauche, j'ai entendu elie domota servir la même soupe à la radio ... et je trouve ça très moyen aussi. Maintenant je suis pour la justice ... il faut que des avocats prennent ces dossiers en main et aillent au charbon.

19 janvier 2010 à 06:48  
Anonymous Patricia Teston a dit...

Merci pour ton article. Je connaissais quelques trucs sur Haïti, la lourde punition imposée par l'occident blanc à ce pays et son peuple noir premier à se libérer ... , la vie dans la cité soleil, plus grand bidon ville au monde, lieu de déshumanisation ... , la condition d'esclave des Haïtiens travaillant pour les lobbies sucriers à saint-dommingue ...
En voilà donc encore plus ... tout ça me donne des frissons, pour peu mes cheveux se dressent en coupe afro ...
quelle pitié quelle honte ! à quelles doses de cynisme certains se shootent pour déshumaniser de la sorte ... et tout ça programmé !... non contents de piller leurs ressources au fil des siècles ... ils ont fait du peuple haïtien un souffre-douleur ...
Si on cherche des raisons à l'ampleur exceptionnelle du désastre qui les touchent, on peut sans doute les trouver là, à la racine du mal.
Merci encore pour ton blog
Patricia

19 janvier 2010 à 08:14  
Blogger cdrhum a dit...

"quelque part vous utilisez le malheur d'haiti pour servir votre propagande d'extreme gauche",dit jarrycafe ! Elle est bonne celle-là !

Rappeler l'histoire et ce qui se passe en Haïti serait de la propagande tandis qu'applaudir et verser une larme attendrie devant les bienfaiteurs que seraient l'Etat Français et l'Etat US serait de la pure compassion et de la grande honnêteté ? !!

Eh bien non !

Car la catastrophe qui frappe le peuple Haïtien, si son origine est géologique, ses conséquences (incurie du pouvoir Haîtien, pantin des Etats Unis et de leur cache-sexe, la Minustha, volonté de recoloniser Haïti...)ne sont pas dues à la fatalité. Et si personne ne nie la nécessité d'une aide d'urgence aux Haïtiens, nul ne devrait oublier ou refuser de voir la situation géopolitique qui risque fort de s'aggraver pour ce pays sous peine d'en être complice.

19 janvier 2010 à 09:07  
Anonymous Anonyme a dit...

Merci pour ce "rappel" clair et net.
Je dirigerai mes amis "métro" de l'hexagone sur cet article parce qu'il dit tout ce que je n'arrivais pas à leur expliquer, bouffée de l'intérieur par ma colère face à l'ampleur du désastre.
De la douleur, de la peine, de la peur mais beaucoup, beaucoup de colère. Avec une impression de gachis et de dégoût.
Merci à J. Tack pour ses "yeux" là-bas.Sans voyeurisme. Juste témoignage.
Je ne sais pas s'il se qualifie de "journaliste" ou de "reporter", mais ses photos + la synthèse des deux conférence que vous avez repris, Frédéric, sont du travail d'informations et d'analyse que peu (? Aucun ?) de journalistes font...
Ca "canalise" ma colère... et ça me donne "un peu d'espoir" ...sur les luttes et le boulot à faire...

19 janvier 2010 à 10:29  
Anonymous Yann a dit...

Merci Frédéric.

Vous montrez la voie.

Haïti, LKP, même combat.

Toutes les luttes contre la profitation, contre l'exploitation d'une partie de la population doivent converger.

19 janvier 2010 à 14:01  
Anonymous jabiru a dit...

Voici un court extrait du reportage d'une talentueuse journaliste canadienne(Nancy Roc) publié en avril 2oo9:
"les prédictions de l’ingénieur Claude Prépetit, pour Haïti et Port-au-Prince en particulier, frisent l’apocalypse. Lors d’une présentation, le 26 mars dans un grand hôtel de la capitale, ce géologue a précisé qu’Haïti a déjà été victime d’un tremblement de terre destructeur au XVIe siècle. « On doit s’attendre à ce qu’il se reproduise dans le futur et à n’importe quel moment. De même qu’il y avait eu de grands dégâts à l’époque, on doit s’attendre au pire aujourd’hui en raison de notre condition environnementale alarmante », affirme-t-il en évoquant la possibilité que Port-au-Prince ou le Cap-Haïtien, deuxième ville du pays située dans le nord (d’Haïti), soient secouées par un séisme de 7,7 sur l’échelle de Richter. Haïti est traversé par deux failles."

Voici le lien complet vers cet article prémonitoire fort bien documenté.

19 janvier 2010 à 15:04  
Anonymous michèle sébal a dit...

Que dire de plus, sinon merci pour cet article qui relate une réalité occultée.

20 janvier 2010 à 02:22  
Anonymous Akynou a dit...

C'est un bon rappel de l'histoire d'Haïti. Je me permets cela dit, deux petites remarques historiques.
- L'histoire des cochons. Les cochons haïtiens ont été contaminés par la peste porcine africaine. Les Etats-Unis craignaient qu'ils ne contaminent son propre cheptel. Alors qu'en Europe, on traite ce genre d'épidémie en isolant et en tuant les bêtes malades, l'USDA (le département de l'agriculture des Etats-Unis) a décidé, avec l'accord des deux pays touchés (République dominicaine et Haïti) d'abattre tous les cochons de l'île, avec les conséquences que tu décris. Juste pour protéger le cochon américain. Le deal était que les Américains devaient remplacer le cheptel. Ils l'ont fait, mais avec leur propre cochon, de belles bêtes bien roses. Ce cochon s'est adapté en République dominicaine parmi la population, moins pauvre qui a pu le nourrir correctement. Mais il était totalement inadapté à la population haïtienne qui ne pouvait lui offrir la nourriture dont il avait besoin. Les bêtes ont été décimées. Les paysans pauvres dominicains et les haïtiens se sont retrouvés sans porc.

Autre point, l'honteuse dette française. Elle a été imposée en 1825. A cette date-là, Napoléon 1er était mort à Saint Hélène. C'est Charles X qui a envoyé ses troupes (14 navires) à Haïti pour exiger le paiement de ces 150 millions de francs or, ramenés ensuite à 90 millions.

De toutes façons, les conclusions pour Haïti sont les mêmes. Et ce n'est pas faire de la propagande d'extrême gauche que de reconnaître les responsabilités de chacun. C'est juste faire de l'histoire.

Par ailleurs, j'ai entendu sur France Inter le témoignage d'une personne qui se disait estomaquée parce qu'un médecin ou un chirurgien haïtien qui avait survécu au séïsme ne se mobilisait pour aider la population. Il pasait deux heures au dispensaire puis disparaissait sans avoir réellement rien fait. Et des infirmiers haïtiens de lui expliquer que ce n'était pas surprenant vu que la classe dirigeante haïtienne s'était toujours totalement désintéressé du reste de la population. Ça fout les boules, mais quand on connaît la classe dirigeante haïtienne, effectivement, on n'est pas surpris.

20 janvier 2010 à 15:16  
Anonymous nicocerise a dit...

Un bel article qu'il fallait republier et qu'il faudra republier.

24 janvier 2010 à 01:16  
Anonymous Anonyme a dit...

Sans vouloir faire de la polémique mais cherchant simplement à être informé le mieux que possible,

est-il vrai que batay ouvriyé a été financé par une société écran de la CIA pour déstabiliser Jean Bertrand Aristide.

http://canadahaitiaction.ca/?p=52

"Le trio Canada/États-Unis/France ne s’est pas contenté d’organiser l’opposition de droite, mais aussi l’opposition de gauche par le biais d’ONG appuyant la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA) et le groupe syndical semi-trotskyste Batay Ouvriye, deux groupes chéris de l’ONG Alternatives.

Batay Ouvriye, le groupe qui a fait le plus de dommages à la réputation de Lavalas sur la scène internationale, a reconnu, après que les faits furent révélés, avoir reçu en 2005-2006 au moins 100 000 $ – soit beaucoup plus que le budget annuel des organisations syndicales haïtiennes – du National Endowment for Democracy – un organisme reconnu comme étant une société écran de la CIA – par l’intermédiaire de l’AFL-CIO. "

28 janvier 2010 à 02:50  

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