lundi 2 janvier 2012

GUADELOUPE, À LA GENÈSE DES INDIGNÉ(E)S ?


Article de FRédéric Gircour et Nicolas Rey publié dans la revue "Les Zindigné(e)s"

Début 2009, un mouvement social d'une ampleur inédite secoue la Guadeloupe et plonge le petit archipel caribéen sous les feux des projecteurs, écornant au passage la carte postale. On peut parler d'ampleur inédite, d'abord, à l'échelle de la Guadeloupe, avec des manifestations rassemblant des dizaines de milliers de personnes, pour une population totale de 400 000 habitants environ. Rapporté à l'échelle de la France, cela équivaudrait tout de même à des rassemblements de quelques sept ou huit millions de personnes en prenant une fourchette basse.

 Rassemblement du LKP à Pointe-à-Pitre (photo ©FG)

Ampleur inédite également en raison de sa durée : 44 jours. Jamais de toute son histoire, la République française n'avait eu à faire face à une grève générale aussi longue ! Cette durée est bien sûr révélatrice de la détermination des grévistes mais tout autant de l'intransigeance du gouvernement et du grand patronat guadeloupéen.
Le caractère inédit de ce mouvement tient aussi à sa composition : le LKP, dont le sigle signifie Liyannaj Kont Pwofitasyon (que l'on peut traduire du créole par Collectif contre l'exploitation) est un front qui regroupe en son sein pas moins de 48 organisations et associations. Le LKP est parvenu à réaliser l'union de tous les syndicats de travailleurs (des indépendantistes de l'UGTG jusqu'à la CFDT ou la CFTC, en passant par la CGT Guadeloupe), avec les partis progressistes de l'archipel (les Verts, le Parti Communiste Guadeloupéen, etc.) et un grand nombre d'associations diverses et variées (défense de consommateurs, de locataires, de handicapés, etc.). Tranchant avec la tiédeur des centrales syndicales nationales qui jusqu'à aujourd'hui se contentent de journées de grève de 24 heures, le LKP, au sein duquel les syndicats ont joué un rôle incontestablement prépondérant, a lancé pour sa part une grève générale illimitée ponctuée de manifestations massives quasi quotidiennes.


Un mouvement précurseur ?

Le mouvement du LKP survient à un moment historique particulier. L'année précédente, 2008, a été marquée par des émeutes de la faim dans de nombreux pays dits du tiers-monde (Egypte, Indonésie, Philippines, Haïti, etc.) dues à l'augmentation spectaculaire du prix des matières premières. Cette augmentation du coût de la vie s'est également durement fait ressentir en Guadeloupe, avec d'importantes répercussions au niveau du prix des produits de première nécessité. C'est de fait la détérioration accélérée des conditions de vie des travailleurs qui a contraint les différents acteurs politiques et sociaux à faire fi de leurs divergences, parfois très fortes, et les a obligés à s'entendre pour faire face à l'offensive libérale qu'ils subissaient de plein fouet.

Ceci étant, le LKP s'est distingué des émeutes de la faim non seulement par son organisation que nous venons d'évoquer et qui a su fédérer toutes les forces progressistes de l'archipel, mais surtout par l'étendue de ses revendications. Loin de se limiter au seul problème de la cherté de la vie comme de nombreux médias ont voulu les caricaturer, les demandes du LKP ont largement dépassé ce cadre, pour aboutir, après un intense travail de préparation, à une plateforme de revendications de 146 points que d'aucuns n'ont pas hésité à qualifier d'ébauche de projet de société... De fait, ces 146 points balayent des thématiques aussi variées que « niveau et conditions de vie » bien sûr, mais aussi « éducation », « formation professionnelle », « services publics », « culture » ou « aménagement du territoire », pour ne citer que celles-là.

De société atomisée, la Guadeloupe a vu naître dans le giron du LKP une société civile désireuse de se positionner comme actrice de son propre devenir, de s'inscrire dans une dimension collective et tout en clamant « ça suffit ! », de proposer autre chose. Cette volonté de la part de la population, de se réapproprier son destin depuis trop longtemps confisqué, fait à n'en pas douter du LKP, dans sa radicalité et sa remise en cause globale des rouages de la profitation, un précurseur des mouvements qui allaient suivre dans le monde, aussi bien les printemps arabes, que le mouvement des indignés d'Espagne, d'Athènes ou de New-York.

Les deux poids-lourds du LKP : Elie Domota (porte-parole du LKP et secrétaire général de l'UGTG) au côté de Jean-Marie Nomertin (secrétaire général de la CGTG) (photo ©FG)

Depuis le départ, le pouvoir a joué la carte du pourrissement. Après avoir essuyé plusieurs refus de négocier quoi que ce soit, le LKP a obtenu des représentants du patronat, des services de l'Etat et des élus locaux qu'ils s'asseyent ensemble autour d'une même table de négociation. Chose extraordinaire, dans les premiers jours, les négociations ont été diffusées en direct sur une chaîne locale. Sans doute le préfet a-t-il sous-estimé le LKP, pensant que ses délégués seraient facilement renvoyés dans les cordes par leurs interlocuteurs. Les Guadeloupéens ont alors été littéralement captivés par un exercice de transparence médiatique auquel ils n'étaient pas habitués, et où, loin d'être désarçonnés, les membres du LKP ont montré une impressionnante maîtrise des dossiers abordés, laissant le plus souvent pantois et sans arguments leurs détracteurs dans des joutes verbales hautes en couleur.

Pour ce faire, le LKP pouvait compter sur une structure triangulaire redoutable : d'une part, un tissu de syndicats et d'associations très au fait des réalités du terrain, d'autre part des idéologues aguerris par des décennies de combat social et anticolonial et enfin un porte-parole, Elie Domota, qui par ses qualités d'écoute et son charisme a su incarner ce mouvement en mettant de côté, chaque fois qu'il le fallait, ses propres convictions pour mieux se faire l'expression du collectif !

A suivre...

Frédéric Gircour (chien.creole@gmail.com) et Nicolas Rey

20 commentaires:

Anonymous Le visiteur a dit...

Sans doute, mais un mouvement contestataire qui n'aboutit pas,
cela va à l'encontre des travailleurs.

mais je trouve que vous avez bien raison de continuer votre blog, car ceux qui parlent systématiquement sur le France Antilles pour saper le mouvement ne sont pas les plus représentatifs.

3 janvier 2012 04:16  
Anonymous Anonyme a dit...

bonjour, OUI le LKP a permis à une partie de la population de montrer son indignation grace aux sujets portés par le collectif.
Cependant les idéologies (200€) et celles moins perceptibles au début mais qui ont fait naitre ou plutôt émmerger un racisme anti français par un groupe d'indépendantistes qui manipulaient le mouvement petit à petit pour mieux imposer leur idéologie et leur représentants au sein même du LKP.Ceci à crée des tensions au sein du LKP qui était APOLITIQUE. En effet le LKP se devait de DENONCER TOUS LES ABUS et TOUTES les PROFITASYIONS.Malheureusement ceux qui en coulisse manipulaient le LKP étaient parmis les PIRES PROFITANS.C'est donc un LKP annexé par un groupe politique qui à signé les accords de mars.C'est à la suite de celà que les organisations sont sorties petit a petit du LKP et ont continuer à oeuvrer dans l'intérêt de la cause qu'ils défendaient en participant au différents débats proposés (état généraux,conférence,colloques,sollicitations préfectorales ou ministériel) car le but des organisations qui se sont réunies était de proposer des solutions et surtout de participer à l'evolution de la Guadeloupe de façon démocratique.
Aujourd'hui le LKP n'est qu'un slogan au gout AMER pour bon nombre de Guadeloupéen à juste titre d'ailleurs puisque des sujets importants on sciemment été éludé par le LKP et ça les Guadeloupéens s'en sont bien rendu compte.
question que faisait les GAMA,Mounien,reinette,et autres représentants de L'UPG à part couvrir les petits copains quand il ne fallait pas aborder certains sujet et foutre la zizanie entre les différents membres pour mieux assoir leurs main mise?
CONCLUSION:
Dès que des politiciens idéologues revanchard participent dans quelques mouvements démocratique pronant la défense de l'intérêt général c'est le bazard assuré puisqu'ils ne sont animés que par leurs intérêts personnels.
Dommage le LKP était un bel outil.
Ceci dit la graine de la participation constructive est plantée et c'est bien là l'essentiel qu'il faut retenir en plus du fait que la métropole ne fonctionne plus avec les ultra marins comme elle à pu le faire.
Fin de recit heureuse ....mais le combat doit continuer!

4 janvier 2012 06:20  
Anonymous Le visiteur a dit...

ce mouvement a-t-il été précurseur des printemps arabes ?

Par comparaison :
dans les printemps arabes, il y a une élite intellectuelle aspirant à un changement de société et à un combat de classes :
c'est ça qui fait que ce mouvement est plus exemplaire que celui des 44 jours.

4 janvier 2012 08:23  
Blogger FRédéric a dit...

Le visiteur aura sa réponse dans la suite de l'article, quant à l'anonyme (ce serait bien de mettre au moins un pseudo !), il est évident qu'il y a des luttes d'influences très fortes au sein du LKP, que tout le monde ne brille pas par son respect pour le fonctionnement démocratique (cf le communiqué que j'ai publié de Combat Ouvrier).

Ceci étant, parler de racisme anti-français est une absurdité. Aurait-on accusé l'ANC de Nelson Mandela de racisme parce qu'il dénonçait l'hégémonie blanche en Afrique du Sud (toute proportion gardée évidemment)? Bien sûr que non, dénoncer une hégémonie n'est pas faire preuve de racisme mais d'anti-racisme et tout républicain qui se respecte devrait appuyer ce combat, peu importe sa couleur !

Il n'y a pas non plus d'idéologie des 200 euros, si ce n'est une volonté de meilleure répartition des richesses (faramineux écarts de richesse entre descendants d'esclaves et descendants d'esclavagistes, héritage colonial oblige; et réajustement vis-à-vis des 40% des fonctionnaires puisque les 200 euros ne touchent que le secteur privé). Le mouvement s'est cristallisé sur la revendication des 200 euros seulement à partir du moment où Jégo a annoncé que les 145 autres points étaient réglés (sic), que le seul point qui restait en litige était celui des 200 euros... Quant aux Etats-Généraux, il s'agissait d'une vaste blague et non d'une recherche de solutions. Le peuple a exprimé de façon très claire (avec une participation jamais vue) ce qu'il souhaitait comme solution pour faire avancer la Guadeloupe. Le pouvoir a signé des accords qu'il ne respecte pas. Et il faudrait s'engager avec lui dans un processus avec un calendrier et des modalités fixées par l'Elysée pour définir ce que veut le peuple? Tu ne manques pas d'humour ami anonyme ! ;)

A quoi te réfères tu quand tu dis que les sujets essentiels ont-été éludés par le LKP ? Sinon, je te rejoins sur la fin, le combat est loin d'être fini. Allez, bonne année.

4 janvier 2012 10:28  
Anonymous Anonyme a dit...

Pour ce qui est des printemps arabes l'avenir nous dira si les "intellectuels" étaient animés que de bonnes intentions.

Pour ce qui est "mouvement plus exemplaire" chaque peuple adapte ses revendications et son action en fonction de sont histoire et du régime politique dans lequel il vie.
Alors qu'en à savoir qui est le plus exemplaire... les enjeux n'étant pas les mêmes.
La seule chose qui compte est la détermination des peuples à faire modifier les choses dans l'intérêt général.

4 janvier 2012 10:29  
Anonymous Le visiteur a dit...

ah je regrette, un mouvement doit être légitime et exemplaire.

si je dis qu'il n'est pas exemplaire, c'est que il faut bien apporter des critiques au mouvement des 44 jours , des critiques pour fortifier le mouvement, pas l'enfoncer.

à partir du moment où les critiques ne sont pas admises, ce n'est plus mon affaire.
Vous même vous étiez prêt à foutre les dirigeants du LKP dehors, maintenant vous vous débinez.
Faudrait savoir !

4 janvier 2012 10:52  
Anonymous Anonyme a dit...

ami frédéric,si je te dis qu'il y avait au sein du LKP des racistes anti français c'est que c'est la vérité. Ces Racistes anti français sont INDEPENDANTISTES.Comparer l'action de mandela et les Manipulations de ces energumènes n'est pas souhaitable tellement la comparaison est inopportune.
Le souci des 200€ a donc été une erreur que la faute incombe à jégo ou pas.Ce fut un beau combat idéologique qui aura au final couté beaucoup pour rapporter peu à la Guadeloupe.
Concernant le non respect des engagements je te rejoint reste que dans de nombreux secteurs les choses bougent ..lentement il est vrai.
SUJET éludé:
CARBURANT et les sommes volées aux Guadeloupéens.
Les Soucis liés à la JUSTICE
LES MUTUELLES
Les non paiement des factures d'eau par les collectivités et les hotels
Pour ne parler que des plus ENORMES scandales!
Dans chacun d'entre eux il y a un ou plusieurs bons "indépendantistes" qui sont mouillés, directement,ou indirectement.
Va demander son avis à Mme MARCIN,ou PARRAN je crois ne pas me tromper de non pour savoir si les soucis dénoncés n'ont pas fait l'objet de Censure clair ou de censure en laissant tomber dans l'oubli certain sujets sensibles.
j'aime bien ta façon de traiter les sujets seulement parfois tu oubli d'être objectif ...c'est louable mais malheureusement parfois cela génère de ta part des positionnement erronnés.
Reste neutre le plus possible, je t'aime comme ça! ;-)

4 janvier 2012 10:53  
Anonymous Le visiteur a dit...

si cela peut vous être utile, je vous remets en ligne mon résumé circonstancié sur le mouvement.
Non mais sans rigoler :

Critique de la méthode et caractérisation juste des dirigeants du LKP/UGTG
Ceci n'est pas un discours anti-dirigeant :

1) Quant aux revendications racistes
2) Quant à le gestion déplorable de le grève qui plonge le pays dans une " économie de guerre"
3) Quant aux amalgames dans les revendications

4 janvier 2012 11:09  
Anonymous Le visiteur a dit...

3) Quant aux amalgames dans les revendications
Il y a des revendications dans lesquelles les syndicats ouvriers ne devraient pas se reconnaître.
Des revendications complétement contradictoires peuvent être défendues dans certains grands secteurs, comme la banane.
Mais là, on peut déjà mieux saisir avec un petit effort.
idem pour la SARA( raffinerie), si la SARA a profité, les stations services"tenues par l'UGTG" ont dû s'en mettre plein les poches aussi.
Amalgames également entre revendications ouvrières et petit patronat...
Mais enfin, quand il y a des choses contradictoires, l'UGTG dit que c'est les békés et l'Etat qui doivent payer.

Un sale climat est entretenu par l'UGTG où l'amalgame est vite fait entre tous les blancs.
Ainsi une descente de l'UGTG au Palais de Justice, avec des accents insurrectionnels pour déclarer que la justice rendue
en Guadeloupe est une justice raciste.
Domota, UGTG, a déclaré que voilà, c'était un combat racial depuis 400 ans.
Je rappelle toutefois que les électeurs avaient voté "Non" lors de la dernière consultation locale, en 2003
reconnaissant, on va dire, les bienfaits de la départementalisation, au moins sur le plan social.
Nous n'avons donc pas à entretenir l'idée, que la seule manière de sortir du conflit serait un changement institutionnel ;
et les bonnes âmes de gauche ici, feraient bien d'y regarder en deux fois.
L'amalgame des revendications n'est pas innocent, revendications dont le seul dénominateur commun au- delà de la lutte contre la vie chère (revendications fédératrices) est d'amener progressivement la population à
travers ce conflit, à se radicaliser sur la question du devenir de la société guadeloupéenne et en particulier sa transformation en société noire affranchie de la tutelle de la République.


conclusion
Grève justifiée
mais non exemplaire
La lutte contre la vie chère est peut-être plus importante en Guadeloupe qu'en métropole.
La revendication d'une hausse des salaires parait légitime.
Mais ce mouvement est récupéré par des gens qui ont un esprit de revanche raciale et manipulé par des macoutes
qui empêchent toute activité ; ce n'est pas être anti-indépendantiste que de faire de tels constats.
Il n'y a pas de grève générale mais une ambiance d'économie de guerre, je répète.
Forte tonalité de revanche raciale

Les méthodes utilisées dans le cadre de ce mouvement font
craindre l'avènement d'une société où de nouveaux maîtres, des macoutes, ont
remplacé les anciens, où un pouvoir fondé sur l'intimidation et la force ont remplacé le règne du profit.
DONC :
Des méthodes autoritaires avec la population et staliniennes dans son organisation interne

4 janvier 2012 11:11  
Anonymous Le visiteur a dit...

1) Quant aux revendications racistes
Les points relatifs à la formation et à l'emploi donnent clairement priorité à l'emploi local.
cela dépasse le cadre de la fonction publique qui effectivement donne déjà une "préférence" aux originaires.
Toute entreprise donc, aidée par des mesures de défiscalisation devrait embaucher des locaux.
Nous ne devons pas faire semblant de ne pas voir ces points.

4 janvier 2012 11:14  
Anonymous Anonyme a dit...

je pense que nous sommes globalement en accord.
même si je ne partage pas tous vos propos.

4 janvier 2012 11:17  
Anonymous Le visiteur a dit...

je le savais que vous trouveriez ce résumé très joli.

j'y ai mis tous mon coeur, hein, bien sûr.

4 janvier 2012 11:20  
Anonymous Le visiteur a dit...

2) Quant à la gestion déplorable de la grève
En Guadeloupe, ça commence à ressembler à une économie de guerre
Economie de guerre et marché noir en dépit d'un soutien associatif improvisé.
On affame, pourrait-on dire la partie la plus faible parce que la plus pauvre de la population
Autrement dit, les services ne sont pas réorganisés pour permettre à la population de surmonter les difficultés.
Ainsi, les manques d'approvisionnement des magasins d'alimentation, les queues de 2 ou 3 heures pour arracher
quelques litres d'essence ou bien encore l'envolée des prix de produits devenus rares :
il est clair que la "profitation", c'est pas que les gros!
L'économie de pénurie est provoquée par la manière dont ce mouvement est conduit :
Il y a un problème de gestion de la grève au sens où, à l'opposé de la démocratie ouvrière,
ce sont des petits chefs qui décident sans inviter personne à discuter de la reconduite de la grève.
A défaut de grévistes arrêtant leur activité et occupant les lieux de travail
(les secteurs réellement en grève sont peu nombreux), il y a des commandos
(souvent composés de militants de la constellation "indépendantistes" de jeunes désocialisés ou de non-actifs)
qui imposent le blocage manu militari des magasins y compris d'alimentation voir des pharmacies, sans se soucier
qu'ils deviennent à ce moment là, les nouveaux "affameurs" de la population la plus démunie qui n'a pas les moyens de se déplacer et de payer plus cher sa nourriture.
( ...)

4 janvier 2012 11:24  
Anonymous Anonyme a dit...

c'est fredéric qui va pas etre content!!

4 janvier 2012 11:25  
Anonymous Le visiteur a dit...

fin du 2 :
Le force de l'UGTG n'est en fait que dans les secteurs et les endroits où ce syndicat est implanté.
Leur puissance est surtout d'intervenir avec quelques groupes de personnes pour faire fermer les magasins en créant une ambiance de panique. Du coup, les gendarmes se mettent aussi à conseiller aux commerçants de fermer leurs magasins
pour éviter les dérapages. Il y a des vexations .On peut globalement parler d'intimidation :
A ce sujet il faut évoquer la confusion entretenue par les médias, relayant d'ailleurs la dérive sémantique moderne sur la grève assimilée à un mouvement de rue, aux manifestations, et non plus à un arrêt concerté du travail par les salariés.
Nous avons donc tendance à confondre grève et manifestations.
L'intérêt est d'ailleurs évident pour des organisations comme l'UGTG dont la puissance ne réside pas dans une capacité à mobiliser les salariés sur leurs lieux de travail sur ses revendications à caractère indépendantiste voir
raciales mais dans la mobilisation de franges de la population en marge du mouvement ouvrier qu'elle utilise avec succès pour paralyser l'activité économique et sociale.
Cette stratégie est d'ailleurs facilitée par le pouvoir. Celui-ci craignant le moindre incident qui victimiserait le
mouvement, laisse totalement libres ces commandos qui passent d'une
entreprise à une autre, sans être inquiétés. La gendarmerie a été vue passant à Jarry, zone industrielle de Baie-Mahault, devant les caméras de télévision, pour faire fermer les magasins avant l'arrivée des manifestants du LKP UGTG !
Cette manière de procéder permet aussi au LKP UGTG de maîtriser de façon
très centralisée et autoritaire un mouvement qui ne s'appuie pas sur des
assemblées d'entreprises ou de quartier mais sur des manifestations qui sont plus
des déboulés du carnaval reconvertis sur un mode protestataire réduit souvent au seul slogan
"la Guadeloupe c'est à nous, pas à eux", seuls les dirigeants prenant la parole en ces occasions...

4 janvier 2012 11:26  
Blogger FRédéric a dit...

Déjà, commencer à parler de LKP-UGTG dénote un parti-pris caricatural que le reste des propos ne fait que conforter. En guise de réponse, je vous invite à aller sur la page facebook "chien créole" où vous retrouverez facilement les articles que j'ai rédigés pendant cette période. Vous y découvrirez une autre réalité, celle vécue depuis la base et non à travers la télé, le discours officiel, ou des grilles d'analyse correspondant au fonctionnement de l'UGTG à un moment donné et qu'on essaye d'appliquer sans finesse au LKP en s'empêchant d'y trouver ce qui fait toute l'originalité du mouvement.

6 janvier 2012 09:16  
Anonymous Le visiteur a dit...

alors là, qu'il n'y ait aucune méprise, je suis bien d'accord, on n'est pas obligé de dire tout ça.
N'empêche que je vous le dis, c'est entre nous quoi.

Vous-même alors pourquoi avez-vous appelé votre blog Chien creole ?
Chien, c'est t'y pas une insulte ça ?
attention, hein...

6 janvier 2012 11:58  
Anonymous Le visiteur a dit...

woué, c'est bien dommage.
Le LKP, on en entend plus parler ;
à part en Guadeloupe, ailleurs, on en parle plus.
C'est normal, parce que les gens ne s'intéressent pas plus à ce qui se passe dans la Creuse qu'en Corrèze .

7 janvier 2012 03:55  
Anonymous Le visiteur a dit...

woué,
je pense que vous n'avez pas de chien, en fait.
Parce que si vous aviez un chien,
vous sauriez que, à un chien, ça lui fait du bien une claque, une tannée.

8 janvier 2012 03:54  
Anonymous Le visiteur a dit...

Un chien, un syndicat, il s'en fout.
Mais la tannée, il sait ce que c'est.

9 janvier 2012 03:38  

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